• (Traduction) Chapitre 5 de Dovewing's Silence

    (Traduction) Chapitre 5 de Dovewing's Silence

    by Graypaw99

    « Que tous les chats en âge de chasser s'approchent de la Corniche pour une assemblée du Clan ! »

    Les paroles d'Étoile de Ronce résonnaient encore dans la combe lorsque les chats émergèrent des fourrés de ronces et de leurs tanières à moitié reconstruites. Il était trop tôt pour que la patrouille de l'aube ne parte ; la lune était encore visible contre le soleil gris pâle. Aile de Colombe leva la tête vers le mâle sombre et tigré qui se tenait sur la Corniche et se demanda ce que cela faisait de rassembler son Clan en tant que chef. Si Étoile de Ronce était découragé par ses nouvelles responsabilités, il n'en montrait rien.

    Alors que tous les chats étaient rassemblés dans la clairière, baillant et hérissés de fatigue, Étoile de Ronce s'avança à mi-chemin sur la pente rocheuse. « Il a été décidé par les chefs des quatre Clans que tous les chats ayant combattu au côté de la Forêt Sombre durant la Grande Bataille devront à nouveau jurer leur loyauté envers le code du guerrier. » Une vague de murmures parcourut le Clan. Étoile de Ronce leva la queue pour intimer le silence. « Après cela, le passé sera oublié en faveur du futur. Ce Clan doit être uni pour surmonter ses pertes et la mauvaise saison à venir. C'est compris ? » Il fixa les chats en contrebas, et Aile de Colombe remarqua que certains d'entre eux avaient aplati les oreilles, dont Pelage de Poussière et Truffe de Sureau.

    « Tu nous demandes de pardonner beaucoup, miaula Pelage de Poussière, quelques-uns acquiescèrent autour de lui.

    -Aucun chat du Clan du Tonnerre n'a fini la bataille en se battant pour la Forêt Sombre, souligna Étoile de Ronce. Lorsqu'ils ont appris la vérité sur leurs nouveaux alliés, ils n'ont montré que de la loyauté envers les Clans. Il y a peu à pardonner, selon moi. »

    Pelage de Poussière ne parut pas satisfait, et Truffe de Sureau feula quelque chose à l'oreille de Pavot Gelé. Aile de Colombe regarda son père. Bois de Frêne, Cœur d'Épines, Patte de Mulot, Pluie de Pétales et Feuille de Lis se tenaient tous d'un côté de l'assemblée, la queue dressée de tension.

    « J'espère que cela va marcher, » marmonna Poil de Bourdon. Aile de Colombe lui caressa l'épaule du bout de la queue. Je l'espère aussi. 

    Étoile de Ronce fit un signe de tête aux cinq chats. « Venez, » les invita-t-il en descendant la pente rocheuse pour venir s'installer dans la clairière. Les guerriers s'alignèrent devant eux. Étoile de Ronce sembla nerveux pour la première fois, et Aile de Colombe réalisa que rien n'avait été décidé concernant la tournure de la cérémonie. Comment Étoile de Ronce saurait-il quoi dire ?

    « Guerriers du Clan du Tonnerre, commença-t-il, vous seuls connaissez la raison pour laquelle vous avez rejoint la Forêt Sombre. Cette raison, quelle qu'elle soit, n'importe plus. La seule chose qui importe est votre loyauté envers le Clan du Tonnerre et au code du guerrier, et rien d'autre. Peu importe ce qui vous a été promis, » ajouta-t-il d'un ton rocailleux.

    Les cinq chats acquiescèrent. Étoile de Ronce s'interrompit un moment, puis continua. « Répétez après moi : Je suis un vrai guerrier du Clan du Tonnerre, loyal à mes camarades et au code, à partir de maintenant et ce jusqu'à ce qu'il soit temps pour moi de rejoindre le Clan des Étoiles. »

    Bois de Frêne commença à parler le premier, puis les autres se joignirent à lui, maladroits et mal à l'aise. Aile de Colombe ressentit une pointe d'indignation devant le fait que Feuille de Lis doive prêter serment avec les autres. Elle a risqué sa vie en espionnant la Forêt Sombre ! Quelle plus grande preuve de sa loyauté Étoile de Ronce attendait-il ?

    Lorsque les chats eurent fini de prêter leur serment, Étoile de Ronce remua la queue. « Que ceci mette fin aux divisions qui règnent dans ce Clan, déclara-t-il. Vous savez tous ce que vous avez à faire pour rendre le Clan du Tonnerre fort à nouveau. Continuez ainsi, et puisse le Clan des Étoiles illuminer votre chemin. »

    Il pivota les oreilles et ce signe mit fin à l'assemblée. La plupart des chats retournèrent à leur nid pour faire leur toilette et organiser les patrouilles, mais quelques-uns restèrent groupés, Pelage de Poussière et Truffe de Sureau parmi eux.

    « Sommes-nous vraiment supposés leur pardonner et tout oublier ? protesta Truffe de Sureau. S'ils n'avaient pas révélé nos secrets, la Forêt Sombre n'aurait peut-être jamais attaqué ! »

    Aile de Colombe ne pouvait croire qu'un seul de ses camarades puisse penser pareil, mais Pavot Gelé acquiesça. « Ces chats doivent prouver qu'ils sont dignes de confiance, » grogna-t-elle. Elle regarda autour d'elle, apeurée, comme si elle pensait que Bois de Frêne avait invité des chats de la Forêt Sombre dans le camp.

    Pelage de Poussière s'avança et marmonna quelque chose qu'Aile de Colombe ne pouvait pas entendre. Mes oreilles ! Elle ressentit une douleur physique lui marteler la tête. Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Elle devait parler à Pelage de Lion et Œil de Geai et ainsi découvrir s'ils avaient perdu leur pouvoir, eux aussi. Elle repéra Pelage de Lion qui marchait vers elle et ouvrit la gueule pour lui demander s'ils pouvaient parler seule à seul. Puis Cœur Cendré déboula dans la clairière.

    « Pelage de Lion ! Je t'ai dit de te reposer aujourd'hui ! Tu ne peux pas sortir en patrouille jusqu'à ce que ta griffe guérisse. »

    Aile de Colombe réalisa que Pelage de Lion boitait de sa patte blessée lors de l'enterrement. « Je vais bien, grogna-t-il. Arrête de me déranger avec ça. »

    Cœur Cendré plissa les yeux. « Ne t'en prends pas à moi, le prévint-elle en fouettant l'air de sa queue. Tu devrais aller voir Œil de Geai, si c'est infecté.

    -Je n'ai pas le temps, grogna-t-il. Nous devons chasser tant que le temps nous le permet. » Il leva la tête vers le ciel, qui se couvrait de nuages gris sombre, si bas qu'ils touchaient presque la cime des arbres.

    « Je t'accompagne, » proposa Aile de Colombe. Peut-être que cela leur donnerait une chance de se parler.

    « Et bien tu n'iras pas sans moi, miaula Cœur Cendré. Viens, allons prévenir Poil d'Écureuil. »

    Elle bondit à travers la clairière, la où se tenait le lieutenant. Pelage de Lion se tourna vers Aile de Colombe. 

    « Tu vas bien ? 

    -Non, je...»

    Aile de Colombe se stoppa lorsque Feuille de Lis émergea de la tanière des guerriers. « Hey ! Vous partez en patrouille ? Je peux venir ? » Elle trottina vers eux, la fourrure hérissée. « Ça me réchauffera ! Ce vent est glacial. 

    -Bien sûr, » miaula Pelage de Lion. Cœur Cendré revint et ils sortirent du camp, menés par Pelage de Lion. Aile de Colombe le vit trébucher sur une ronce puis grimacer. Elle ne l'avait jamais vu blessé de cette façon.

    Ils atteignirent un bouquet de fougères au sommet de la combe et se séparèrent pour chasser. Aile de Colombe perçut l'odeur éventée d'une souris et se mit à ramper le long du chemin, la truffe au sol, laissant les fougères lui caresser l'échine. Elle contourna un frêne, en quête d'une odeur de proie fraîche lorsque des pattes agitées attirèrent son attention. Feuille de Lis fit un bond en avant et atterrit droit sur un écureuil. La chatte grise et blanche lui donna le coup de grâce, s'assit et essuya le sang de ses moustaches. 

    « Belle prise ! » miaula Aile de Colombe.

    Feuille de Lis pencha la tête d'un côté. « Je peux pas croire que tu n'ais pas entendu cet écureuil descendre de l'arbre, ronronna-t-elle. Il a presque atterri sur ta tête ! T'as de la mousse dans les oreilles ? »

    Aile de Colombe s'embrasa de honte. « Je...Je suivais la trace d'une souris. » Sa sœur se leva et entreprit de recouvrir sa proie de feuilles. « Tu ferais mieux d'aller l'attraper alors ! » miaula-t-elle, une note de tension dans la voix qui n'échappa pas à Aile de Colombe. Feuille de Lis sait-elle que j'ai perdu mes pouvoirs ?

    Elle s'engouffra dans les fougères, ressentant un sentiment de soulagement lorsque les frondes se refermèrent sur elle. Elle repéra bien vite le fumet d'une souris et attrapa la petite créature qui grignotait une graine. « Merci, Clan des Étoiles, de nous apporter de la nourriture, » murmura-t-elle en direction du petit corps brun.

    La guerrière grise se remit en chasse mais elle ne trouva rien d'autre jusqu'à ce que Pelage de Lion rappelle la patrouille. Un pigeon gisait à ses pattes et Cœur Cendré se tenait derrière lui, une paire de petits campagnols dans la gueule. Aile de Colombe se sentit embarrassée par sa maigre contribution, surtout quand Feuille de Lis surgit des fougères en traînant son écureuil.

    Pelage de Lion acquiesça de la tête. « Si le temps se refroidit, nous aurons besoin de tout le gibier possible, miaula-t-il. Bon travail, vous tous. »

    Ils rebroussèrent chemin vers le camp. Pelage de Lion trébucha à l'arrière, les muscles de ses épaules tendus alors qu'il essayait de ne pas boiter. Quand Cœur Cendré et Feuille de Lis disparurent derrière un coin, Aile de Colombe lâcha sa souris et se tourna vers le mâle doré.

    « Pelage de Lion, je dois te parler. »

    À contrecœur, il déposa son pigeon et attendit.

    Aile de Colombe prit une profonde inspiration. « Crois-tu que nous avons perdu nos pouvoirs ? » Ignorant la colère luisant dans ses yeux, elle continua. « Je ne peux ni entendre ni voir comme avant. Tu as été blessé par une racine, pour l'amour du Clan des Étoiles ! Et Œil de Geai semble être effrayé par quelque chose. Est-il possible qu'il ait perdu le pouvoir de voyager dans les rêves des autres chats ? » 

    Pelage de Lion fit glisser sa patte sur le poitrail pâle et emplumé du pigeon. « La Grande Bataille nous a enlevé beaucoup de choses à tous, miaula-t-il. Aucun de nous ne sait combien de temps cela va nous prendre pour guérir.

    -Il ne s'agit pas d'une blessure de guerre ! protesta Aile de Colombe. Quelque chose a changé en moi ! Je ne peux pas exactement le décrire, mais je sais que je suis différente. »

    Pelage de Lion continuait de fixer le pigeon à ses pattes. « Parle-en à Œil de Geai si cela t'inquiète. Il en sait plus que nous. Nous faisons partie d'une prophétie, tu te rappelles ? Je ne vois pas comment cela pourrait changer. »

    Aile de Colombe voulut protester mais le guerrier reprit le pigeon, mettant clairement fin à leur conversation. En marchant maladroitement à cause de sa patte infectée, il se dirigea vers le chemin et s'évanouit dans les fougères. Aile de Colombe prit sa souris et le suivit, laissant sa queue traîner misérablement dans la terre.

     

    « Œil de Geai ! » Aile de Colombe frissonna lorsqu'une rafale de vent lui fouetta la fourrure au pied de la falaise. Elle se rapprocha du rideau de ronces, comme s'il lui offrait un quelconque abri. « Œil de Geai, je dois te parler ! 

    -Sérieux ? Tout de suite ? » répondit-il impatiemment. 

    Aile de Colombe se renfrogna. « Oui, tout de suite.

    -Tu ferais mieux d'entrer, dans ce cas. Mais ne touche à rien ! »

    Elle passa à travers les ronces et s'arrêta pour laisser ses yeux s'habituer à la faible lumière de la grotte. Le sol sablonneux était couvert d'herbes empilées, certaines bien vertes et fraîches, d'autres brunes et desséchées. Œil de Geai se tenait au-dessus de Patte de Renard, qui était allongé sur le côté dans un nid de mousse, les yeux fermés. Le guérisseur enlevait un pansement de feuilles du ventre du guerrier. 

    Aile de Colombe recula d'un pas. La puanteur qui provenait de la blessure était accablante. « Par le Clan des Étoiles ! chuchota-t-elle.

    -Exactement, » rétorqua sèchement Œil de Geai. Sans bouger sa tête, il tendit une patte et ramassa habilement un bouquet de feuilles récemment mâchées.

    « Qu'est-ce que tu veux ? » marmonna-t-il en commençant à presser les feuilles sur la blessure ouverte et pleine de pus. Aile de Colombe se retenait de vomir. « Patte de Renard sent-il quelque chose ? demanda-t-elle.

    -Que le Clan des Étoiles soit loué, non, répondit Œil de Geai. Je lui ai donné des graines de pavot pour le faire dormir, et il remue rarement. Je veux qu'il reste comme ça jusqu'à ce que la blessure commence à guérir. Quelque chose ne va pas, Aile de Colombe ? Comme tu peux le voir, je suis assez occupé. Feuille de Lune est dehors en train de récolter des herbes, depuis que Cœur Blanc s'occupe des chatons de Poil de Châtaigne dans la pouponnière, et Belle Églantine est partie dans la forêt avec Chipie pour se dégourdir les pattes. »

    Aile de Colombe se rapprocha. « Je crois que quelque chose m'est arrivée depuis la Grande Bataille, commença-t-elle. Mes sens ont changé. Je veux dire, ils ne sont plus là. Je peux voir et entendre comme les autres chats, mais c'est tout. Et Pelage de Lion s'est blessé à la patte, ce qui ne lui est jamais arrivé. Je voulais donc savoir si tu avais remarqué quelque chose de différent à propos de tes pouvoirs. »

    Œil de Geai se figea sur place, ses pattes immobiles sur la blessure de Patte de Renard. Puis ses oreilles remuèrent. « Aile de Colombe, ça peut attendre. Laisse moi faire mon devoir en soignant Patte de Renard ainsi que les autres qui en ont besoin. Tu ne souffres pas, si ? »

    Aile de Colombe secoua la tête puis se remémora qu'Œil de Geai ne pouvait la voir. « Non, miaula-t-elle.

    -Alors je ne vois pas en quoi je pourrais t'aider. Je dois me concentrer sur mes responsabilités au sein du Clan. » Sa voix monta d'un ton et l'une de ses pattes trembla de colère. « Patte de Renard ne peut pas mourir ! Nous avons déjà perdu trop de chats ! Pourquoi le Clan des Étoiles continue-t-il à nous punir de la sorte ? »

    Sous le choc, Aile de Colombe le foudroya du regard.

    « Tu ne peux pas dire une chose pareille ! Nous avons vaincu la Forêt Sombre ! Nous avons remporté la bataille ! 

    -Vraiment ? gronda Œil de Geai. Cela ne ressemble pas à une victoire pour moi. Tout ce que j'ai fait, c'est regarder mes camarades de Clan mourir parce que je ne pouvais rien faire pour les aider.

    -Tu ne peux pas ramener des chats à la vie, soupira Aile de Colombe.

    -Alors à quoi cela sert d'avoir des pouvoirs ? » feula Œil de Geai. Il se pencha plus près du ventre de Patte de Renard et passa sa patte sur le pansement. « Va-t-en, Aile de Colombe. Reviens me parler lorsque je ne serai pas en train d'essayer de sauver la vie d'un guerrier. Pour le moment, il n'y a rien de plus important. »

    Aile de Colombe sortit de la caverne et tituba jusqu'au bord de la clairière, laissant le vent rafraîchir son pelage brûlant. Quelque chose de terrible arrivait à Œil de Geai, elle en était sûre. Était-ce simplement à cause de la perte de tant de chats au sein du Clan ? Où savait-il quelque chose à propos de leurs pouvoirs ?

    « Aile de Colombe ? » appela une voix venant des fourrés des anciens. C'était Isidore qui la regardait de ses yeux humides. Maintenant que la pouponnière était réparée, Chipie et Cœur Blanc avaient emmené les chatons en dehors de la tanière des anciens. « Je crois que j'ai une tique sur le dos et je ne peux point l'atteindre, grommela le vieux matou.

    -Je vais y jeter un œil, » miaula Aile de Colombe. Avec si peu d'apprentis dans le camp, les guerriers se partageaient les tâches des novices entre eux. Aile de Colombe savait que c'était le tour de Truffe de Sureau de s'occuper d'Isidore mais il était sorti en patrouille et, maintenant qu'elle était là, elle n'allait pas refuser de l'aider. Elle suivit le mâle dans la tanière et attendit qu'il s'installe, les membres raides, dans son nid.

    « Oh, ce froid me glace les os, grincha-t-il en repliant ses pattes sous lui.

    -Veux-tu que j'aille trouver quelques plumes pour ton nid ? » proposa Aile de Colombe.

    Isidore cilla. « Seulement si tu en as le temps. Je sais que vous êtes tous occupés, avec tant de chats qui se remettent toujours de leurs blessures. »

    Aile de Colombe fit glisser sa patte sur son échine osseuse, cherchant la tique. « La plupart d'entre nous se portent bien à présent. Seul Patte de Renard est toujours entre la vie et la mort. » Isidore grogna lorsqu'elle atteignit la tique. « Je l'ai ! déclara-t-elle. Je mettrai un peu de bile de souris dessus et elle sera partie en un instant. » Elle fit mine de partir mais Isidore lui fit signe de revenir.

    « Ça peut attendre, grinça-t-il. Parle-moi d'abord. C'est si vide ici, sans Poil de Souris. » Il fixa le nid abandonné, froid et poussiéreux, mais toujours empreint de la forme du corps de Poil de Souris. « Elle me manque terriblement tu sais, murmura-t-il. Elle pouvait être aussi grincheuse qu'un vieux renard parfois, mais elle avait si bon cœur. Au moins, elle est morte en protégeant son Clan. C'est ce qu'elle aurait voulu.

    -Oui, acquiesça Aile de Colombe.

    -Alors pourquoi tout le monde semble aussi malheureux ? » Isidore renifla et s'appuya sur ses pattes avant. « Je sors de la tanière, et c'est comme si nous étions toujours en train d'enterrer nos camarades. Ont-ils oublié que nous avons chassé ces enflures ? Il n'y a plus aucun chat de la Forêt Sombre, n'est-ce pas ? »

    Aile de Colombe ne savait pas trop quoi répondre. « Je...pense que nous sommes tous conscients de ce que nous avons perdu, balbutia-t-elle.

    -Et à propos de ce que nous avons gagné ? demanda le vieux chat. Poil de Souris, les autres, sont-ils morts pour rien ? C'est une insulte à leur mémoire, voilà c'que c'est, d'agir comme si nous avions tout perdu. » Il s'affala dans son nid en toussotant. « Désolé, jeunette. Je me suis emporté.

    -Non, Isidore, tout va bien, » miaula Aile de Colombe. Elle tendit la patte et lissa le pelage noir emmêlé de l'ancien. « Tu as raison. Nous avons gagné, et nous devrions honorer nos camarades tombés au combat en nous rappelant qu'ils ne sont pas morts en vain. Maintenant, laisse-moi aller chercher cette bile de souris pour toi. » Elle se leva et sortit de la tanière. De grosses gouttes de pluie lui éclaboussèrent la fourrure et elle baissa la tête en se dirigeant vers le repaire d'Œil de Geai. Elle espérait que cela ne le dérangerait pas si elle aidait en apportant un peu de bile. Alors qu'elle approchait de l'entrée, une plainte terrible la stoppa net.

    « Patte de Renard, non ! Pas maintenant ! J'ai fait tout ce que j'ai pu ! Oh Clan des Étoiles, pourquoi ne pouvez-vous pas me laisser les aider ? »

    Aile de Colombe faillit reculer devant le chagrin brutal qui sévissait dans la voix d'Œil de Geai. Patte de Renard devait être mort - et Œil de Geai laissé à l'agonie. Et Pelage de Poussière ? D'abord sa compagne, puis son fils, laissé à la Forêt Sombre. Comment pourrait-il s'en remettre ? Aile de Colombe se dandina sur ses pattes lorsque Feuille de Lune la frôla, des feuilles pendant entre ses mâchoires.

    « Œil de Geai ! Qu'est-ce qui se passe ? » La femelle traversa les ronces et Aile de Colombe entendit une lamentation retentir de l'intérieur. « Oh non ! Patte de Renard ! 

    -Le Clan des Étoiles ne voulait pas le laisser parmi nous, » grommela Œil de Geai. Feuille de Lune commença à lui murmurer des mots réconfortants et Aile de Colombe se détourna, vacillante de désespoir. Elle en bouscula presque Plume Grise, qui se tenait près de la réserve de gibier, la fourrure malmenée par le vent.

    Lorsque le grand guerrier baissa le regard vers elle avec surprise, Aile de Colombe cracha. « La Forêt Sombre n'en a pas fini avec nous. Patte de Renard est mort ! »

    Traduction de Dovewing's Silence (Le silence d'Aile de Colombe) effectuée par Ðidychu - Toute reproduction interdite.

    (Traduction) Chapitre 5 de Dovewing's Silence

    by Graypaw99


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