• (Traduction) Chapitre 6 de Hollyleaf's Story

    La saison des feuilles mortes s'était installée dans les bois et le sol était couvert d'une couche de feuilles rousses et oranges. Tandis que Feuille de Houx veillait depuis l'entrée du tunnel, une brise arracha une autre volée de feuilles d'un bouleau et les éparpillait dans les airs avant de les laisser retomber sur la terre. Une voix la fit sursauter.

    « Tu cherches le renardeau ? »

    Feuille de Houx se retourna, sa fourrure embrasée par la culpabilité. « Feuille Morte ! Depuis combien de temps es-tu là ? 

    -Assez pour voir à quel point tu aimes être là, » miaula le mâle roux et blanc.

    Feuille de Houx se déplaça sur le côté, lui laissant de l'espace pour qu'il la rejoigne à l'entrée, mais Feuille Morte resta où il est, ses pattes cachées dans l'ombre.

    « Tu espères que le renardeau revienne ? » la taquina-t-il. Sa voix sonnait creuse dans le tunnel.

    « Bien sûr que non, miaula Feuille de Houx. Je sais qu'il est à sa place dans les bois, près de sa mère.

    -Et toi ? la pressa-t-il doucement. Ta place n'est-elle pas ici, avec ta famille ? »

    Feuille de Houx détourna la tête. « Je n'ai pas de famille, grogna-t-elle.

    -Nous avons tous une famille, soupira Feuille Morte.

    -Vraiment ? Alors où est la tienne ? le défia Feuille de Houx. Tu dis que tu proviens d'un grand groupe de chats, mais que leur est-il arrivé ? Nous n'avons jamais vu aucune trace d'autres chats vivant ici. »

    Feuille Morte baissa le regard vers ses pattes. « Ils sont partis, murmura-t-il.

    -Alors allons les retrouver ! déclara Feuille de Houx. Il doit bien y avoir des signes de leur départ, pour savoir où ils sont allés. »

    À sa grande surprise, les yeux de Feuille Morte s'écarquillèrent avec horreur. « Non ! Je dois rester ici ! Si je pars, comment ma mère pourra-t-elle me retrouver ? Elle viendra me chercher un jour. Je sais qu'elle le fera. »

    Feuille de Houx ressentit une bouffée d'impatience. « Mais nous pouvons la retrouver avant ! Viens avec moi, je te protégerai.

    -Je n'ai pas besoin de protection, feula Feuille Morte. J'ai juste besoin de rester ici. Pars, si tu veux. Moi, je ne peux pas. »

    Il fit volte-face et retourna dans les ténèbres. Feuille de Houx regarda après lui, elle se sentait misérable. Ce que disait Feuille Morte n'avait pas de sens. Pourquoi sa mère n'était-elle pas venue le chercher avant ? Elle a du le voir entrer dans les tunnels, donc pourquoi n'a-t-elle pas commencé à le chercher aussitôt en voyant qu'il ne revenait pas ? Mais Feuille Morte ne donnait jamais une réponse précise. Il semblait déterminé à être aussi mystérieux que possible, et parfois Feuille de Houx se demandait s'il appréciait sa compagnie dans son foyer souterrain. Bien, je n'ai pas besoin de rester ici avec lui. Elle leva la tête et laissa les senteurs de la forêt lui envahir la truffe ; terre, feuilles, écureuil, et l'odeur musquée d'un campagnol caché parmi des bûches de pin...Que faisait-elle là, à errer dans les tunnels alors qu'elle pourrait vivre dehors, là d'où elle venait ?

    Feuille de Houx courut après Feuille Morte. Lorsqu'elle déboula dans la caverne de la rivière, elle le trouva pelotonné sous la corniche rocheuse, son nez enfouit dans sa queue. Il ne dormait pas, pourtant; ses yeux étaient grands ouverts, brillants dans la pâle lumière grise.

    « Tu m'as sauvé la vie, lâcha-t-elle en s'arrêtant devant lui. Et je t'en serai toujours reconnaissante. Mais tu as raison. J'ai besoin d'être dehors, de manger des écureuils et des souris au lieu de poissons, là où je peux voir le ciel et sentir le vent dans ma fourrure...

    -Alors pars, l'interrompit Feuille Morte. Personne ne t'a dit que tu devais rester ici. »

    Feuille de Houx le foudroya du regard. Il tenait donc si peu à elle qu'il ne l'empêchait même pas de partir ? Eh bien, elle n'avait pas besoin de lui non plus ! 

    « Bien, siffla-t-elle. Je tenais juste à te le faire savoir au cas où tu te serais demandé où je suis. »

    Feuille Morte haussa les épaules et posa de nouveau le bout de sa queue sur sa truffe. Feuille de Houx avait le net sentiment d'avoir été jetée dehors. Essayant de ne pas se sentir blessée, elle fit volte-face et retourna vers le tunnel qui menait aux bois. Elle marcha lentement au début, espérant que Feuille Morte lui courrait après, la suppliant de changer d'avis. Mais les ombres derrière elle restèrent parfaitement silencieuses.

    Le vent était plus froid que ce dont Feuille de Houx se souvenait, piquant sa fourrure même à l'abri des troncs les plus larges. La lumière faiblissait alors que les ombres s'étendaient sous la base de chaque arbre. Cette obscurité était moins confortable que celle des tunnels et Feuille de Houx se surprit à trébucher sur chaque brindille et chaque touffe de mousse. Grinçant des dents, elle se fraya un chemin à travers un fourré de ronces. Les épines ont-elle toujours accroché sa fourrure comme ça ? Les branches nues des arbres sans feuilles qui claquaient entre elles étaient-elles toujours aussi bruyantes ? Les oreilles de Feuille de Houx étaient prises par énormément de mouvements de proies et sa vue se troubla lorsqu'elle essaya de regarder à plus d'une longueur de queue de renard d'elle. Elle continua de se dire que c'était la même chose que le territoire du Clan du Tonnerre, mais cela ne l'était pas du tout ; il n'y avait aucune odeur familière, aucun chemin tracé entre les buissons, aucun signe qu'un chat a déjà vécu ici avant.

    Feuille de Houx se fraya un chemin au milieu des ronces et tourna en rond jusqu'à ce qu'elle obtienne un petit espace circulaire. Elle griffa l'herbe sèche pour se faire un nid où s'allonger puis se recroquevilla et fourra son museau sous sa queue. Son ventre gargouilla, lui rappelant qu'elle n'avait plus mangé depuis sa "chasse" matinale dans la rivière souterraine, mais elle n'avait aucune chance d'attraper une proie cette nuit. Feuille de Houx pressa son échine contre les troncs des ronces, souhaitant que Feuille Morte soit là. Même s'il n'a jamais manifesté aucune chaleur, il avait été étrangement sympathique les rares nuits où il avait partagé son nid. Regrette-t-il de m'avoir laissée partir ?

    Feuille de Houx se réveilla avant l'aube, trop affamée pour dormir plus longtemps. Elle rampa hors des ronces et huma l'air. L'odeur de pluie lui fut apportée par le vent et elle frissonna. Son nid improvisé ne résistera pas complètement à l'eau, elle allait avoir besoin de grandes feuilles à tisser dans les ronces au-dessus de sa tête. Mais avant, il lui fallait chasser. Une lumière laiteuse filtrait à travers les branches, assez pour révéler de minuscules empreintes de pas sous un hêtre. Feuille de Houx adopta la position du chasseur, ses muscles raides après des lunes à rester sous terre. Elle se dirigea vers l'avant, marchant d'un pas léger alors qu'elle s'efforçait d'entendre le léger bruissement d'une proie. À la base du tronc, une feuille remua et le bout d'une queue brune surgit. Feuille de Houx bondit, atterrit sur le derrière de la souris, et l'acheva d'un coup de croc à la nuque.

    Cela ressemblait à une proie digne du Clan des Étoiles. Feuille de Houx s'accroupit pour manger, savourant chaque bouchée. Son ventre en gronda d'appréciation - et se serrait presque de douleur. La chatte noire siffla à travers ses dents. Elle n'avait plus mangé autant depuis des lunes. Peut-être devait-elle laisser l'autre moitié de la souris pour plus tard et créer ainsi son propre tas de gibier. Elle leva la tête, regardant alentours afin de trouver le meilleur endroit où stocker ses prises. Elle frissonna. Si elle chassait uniquement pour se nourrir elle-même, à quoi cela lui servait de stocker le gibier ? Elle chasserait et mangerait quand elle aurait faim, c'est tout. Comme un chat errant le ferait...

    Feuille de Houx se redressa et trottina vivement à travers les arbres. Elle n'était pas une chatte errante, si ? Elle était un chat de Clan sans Clan, c'est tout. Pas une chatte errante, ni une solitaire, ni une bannie ou un chat domestique. Rien de tout cela. Une meurtrière, murmura une petite voix dans sa tête. Feuille de Houx aplatit ses oreilles et l'ignora, baissant la tête alors que le sol commençait à former une pente vers le haut. Sa tête basse, elle ne remarqua pas que les bois s'éclaircissaient jusqu'à ce que sa fourrure soit brusquement soufflée par le vent. Surprise, elle leva les yeux et vit qu'elle était presque au sommet de la crête. Quelques pas de plus la mèneraient vers le sommet, et ainsi elle pourrait apercevoir le lac et son ancien foyer.

    Ses pattes restèrent enracinées sur place. Feuille de Houx sentit ses oreilles s'agiter en quête d'un quelconque bruit félin : ses anciens camarades en patrouille, peut-être, ou les chats du Clan du Vent en poursuite d'un lapin. Elle n'entendit rien mis à part le sifflement du vent sur la crête, plongeant et faisant vibrer les arbres au-dessous d'elle. Presque sans réfléchir, Feuille de Houx commença à rebrousser chemin. Une part au fond d'elle voulait entendre les bruits familiers des chats du Clan du Tonnerre, et courir sur la crête pour les rejoindre ; une autre part craignait qu'ils soient en train de la chercher pour la punir du meurtre de Pelage de Granit. Feuille de Lune ou Pelage de Lion et Œil de Geai avaient-ils révélé la vérité, maintenant ? Elle n'aurait aucun moyen de le savoir car elle n'y retournerait jamais. Rebroussant chemin, Feuille de Houx courut le long de la pente et regagna le couvert des arbres.

    Quelques jours plus tard, les premières chutes de neige arrivèrent. Feuille de Houx ouvrit les yeux pour y trouver sa tanière de ronces, emplie d'une étrange lumière nuageuse. Elle sortit et grimaça lorsqu'un paquet de givre lui tomba dans le cou. Elle se secoua et sauta loin des branches restantes. Ses pattes s'enfoncèrent dans la douce neige blanche qui la glaça immédiatement jusqu'aux os. Feuille de Houx feula et se dirigea vers la branche la plus proche, où seule une mince couche de flocons s'était déposée. La mousse était visqueuse sous ses pattes mais, au moins, elle était capable de les secouer et d'y enlever la neige. Elle avait eu de la chance d'attraper quelque chose aujourd'hui ; toutes les proies s'étaient enfouies bien loin sous une couche de feuilles chaudes. Au sein du Clan, Étoile de Feu avait du aménager le tas de gibier dans un trou en dehors de la combe, là où la terre froide le garderait au frais. L'estomac de Feuille de Houx gronda à cette pensée et elle retroussa les babines, agacée par elle-même de ne pas s'être mieux préparée.

    Elle était sur le point de bondir dans les fourrés en espérant trouver quelque chose à manger lorsqu'elle remarqua une traînée d'empreintes de pattes menant à travers les arbres. Les empreintes étaient plus grandes que les siennes, mais trop grosses pour un simple chien. La fourrure de sa nuque se hérissa. Avec un sifflement de mécontentement, elle replongea les pattes dans la neige et alla voir de plus près. Plus que la grandeur et la forme des empreintes, l'odeur distinctive l'informa immédiatement de leur auteur : un renard ! Un jeune renard à en croire ses petites pattes. C'était juste son imagination ou bien avait-elle reconnu cette odeur ?

    Oui !

    C'était le renardeau qu'elle avait secouru !

    Le pouls de la chatte noire s'accéléra. À ce moment précis, la perspective de revoir le jeune renard la remplissait d'excitation, plus que l'idée de trouver à manger. Elle suivit sa trace, sautant avec précaution le long des empreintes pour ne pas les effacer. Elles menaient droit au travers des arbres, longeaient la crête avant de basculer vers un massif de pins. Les pattes de Feuille de Houx la faisaient souffrir à force de sauter dans la neige, et elle était de plus en plus profonde au fur et à mesure qu'elle descendait la colline, mais elle n'allait pas abandonner maintenant. L'odeur du renardeau s'était renforcée et les traces étaient même plus nettes, comme s'il venait juste de marcher là.

    Les pins s'ouvraient en une petite clairière où la neige avait été grattée et s'entassait de l'autre côté, avec des profondes marques de griffes et des plumes teintées de rouge. Feuille de Houx plissa le nez alors que l'odeur du sang emplissait l'air. Le renard avait du tuer un pigeon ici, décida-t-elle en étudiant les larges plumes grises. Elle sentit une bouffée de fierté, comme si elle avait entraîné le renardeau elle-même.

    Un bruit retentit derrière elle et l'odeur lui fouetta la truffe, plus forte que jamais. Feuille de Houx se tourna, un ronronnement grandissant dans la gorge. Le renard se tenait au bord de la clairière et la fixait. Ses oreilles étaient pointées vers l'avant et le bout de sa queue touffue balayait la neige. C'était définitivement son renard ! Il grandissait en un beau mâle, sa fourrure contrastant avec la neige, presque aussi écarlate que le sang du pigeon.

    « Salut ! miaula Feuille de Houx. Tu te souviens de moi ? »

    Poussant un grondement, le renard sauta vers elle. Ses dents jaunes claquèrent dans l'air là où le cou de Feuille de Houx se trouvait un battement de cœur plus tôt. Elle fonça dans un pin et entreprit de sortir ses griffes pour grimper au tronc, la créature claquant des mâchoires à à peine une longueur de moustache de ses pattes. L'arbre était entouré de mousse sur toute sa première moitié et les griffes de Feuille de Houx perdirent leur prise; elle glissa, sentant les branches lui couper les côtes et le flanc. Le renardeau bondit, glapissant de faim et d'excitation. Feuille de Houx enfonça ses griffes dans l'écorce et entreprit de stopper sa chute, des dents claquèrent une seconde fois près de la fourrure du bout de sa queue. Elle se dégagea et sauta sur les branches les plus hautes, la peur la poussant toujours plus au sommet. En dessous d'elle, le renardeau grogna de frustration.

    La chatte noire se blottit sur une fine branche qui se balança sous son poids. Elle scruta le sol à travers les aiguilles de pin vert foncé et vit le renard tourner en rond, loin en dessous.

    Évidemment qu'il ne se souvient pas de moi. Je ne suis rien de plus qu'une proie !

    Feuille de Houx plongea ses griffes dans la branche, ferma les yeux et attendit que son cœur arrête de battre comme si sa poitrine allait exploser. Lorsqu'elle ouvrit les yeux de nouveau, il faisait noir. La peur avait dû l'épuiser assez pour qu'elle s'endorme sur son perchoir inconfortable. Les bois étaient silencieux, et tout ce qu'elle pouvait sentir était la neige et le parfum piquant de la sève de pin. Le renardeau était parti depuis longtemps. Au-dessus des arbres, la pleine lune argentée flottait dans le ciel, entourée d'étoiles scintillantes. La forêt était baignée de lumière blanche et tout ce que Feuille de Houx pouvait voir était le sommet de la crête. De l'autre côté, les quatre Clans se rassembleraient sur l'île pour l'Assemblée. Son nom serait-il mentionné ? Est-ce qu'au moins un seul chat s'était demandé ce qui lui était arrivé ? Feuille de Houx fut frappée par une vague de souffrance telle qu'elle faillit lâcher sa prise sur la branche. Lorsqu'elle ploya dangereusement sous elle, elle retrouva ses sens et se laissa glisser sur le tronc jusqu'au sol enneigé. 

    Une douleur aiguë lui transperça le ventre alors qu'elle s'avança à travers les arbres. Elle s'arrêta devant un bouquet d'achillée resté à l'abri de la neige et mangea quelques feuilles. Mais la douleur au fond d'elle persista, et Feuille de Houx sût que c'était plus que de la faim ; de la solitude, du regret et de la tristesse. Il n'y avait qu'un seul endroit où elle devait aller. Hérissant sa fourrure pour résister au froid, Feuille de Houx commença à grimper la pente.

    L'aube pointait lorsqu'elle arriva, éclairant les ombres projetées par les arbres dans le clair de lune et éveillant quelques oiseaux chanteurs. Feuille de Houx chancela et marqua une pause devant l'entrée, à bout de souffle. Le tunnel s'ouvrait devant elle, chaud, sombre et accueillant.

    « Feuille Morte ! appela-t-elle en pénétrant à l'intérieur. Feuille Morte, tu es là ? »

    Traduction approximative de Hollyleaf's Story effectuée par Didychu - Toute reproduction interdite.


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  • (Traduction) Chapitre 5 de Hollyleaf's Story 

    Feuille de Houx enfouit sa truffe sous sa queue et tenta de faire taire le bruit qui résonnait dans les tunnels jusqu'à son nid. Le renardeau était toujours quelque part dans les souterrains, gémissant dans l'obscurité. Pourquoi n'était-il pas parti ? Avait-il peur que le chien revienne ? Feuille de Houx renifla et s'enfonça plus profondément dans les plumes de son nid. Un autre gémissement retentit, lui piquant les oreilles comme des épines.

    Feuille de Houx s'assit. Pour l'amour du Clan des Étoiles, tais-toi ! Elle n'arriverait jamais à dormir tranquillement avec tout ce bruit. Elle sauta hors de son nid et longea le tunnel jusqu'à la rivière. La caverne était illuminée de la lumière gris pâle des étoiles. Feuille Morte était assis au bord de l'eau.

    « Tu entends ce renard ? » demanda Feuille de Houx, irritée.

    Feuille Morte haussa les épaules. « Il finira bien par trouver le chemin de la sortie. »

    « Mais il m'empêche de dormir ! » se plaignit-elle. Feuille Morte n'a-t-il pas besoin de dormir ? Le renard poussa un cri fort, comme s'il pouvait les entendre parler. Feuille de Houx ressentit une vague de pitié. Elle savait ce que cela faisait d'être perdue et effrayée dans l'obscurité. « Je devrais peut-être aller le trouver, » murmura-t-elle.

    Feuille Morte la regarda, l'air surpris. « Mais c'est un renard ! 

    -C'est un bébé, rétorqua-t-elle. Tu ne laisserais pas un chaton errer ici, pas vrai ?

    -Un chaton n'essayerait pas de me manger, souligna Feuille Morte.

    -Je suis bien trop imposante pour ce renardeau, » lui assura Feuille de Houx, en espérant que cela soit vrai. La fourrure du renard portait une forte odeur de lait, ce qui signifiait probablement qu'il ne mangeait pas encore de viande. Il n'avait certainement pas remarqué qu'il s'était assis sur une proie quand le chien l'avait chassé dans le tunnel. Feuille de Houx se secoua et commença à se diriger vers le tunnel qui menait aux bois.

    « Tu vas vraiment aller le chercher ? » Feuille Morte semblait abasourdi.

    « Oui, si cela me permet d'enfin pouvoir dormir, miaula Feuille de Houx. Si je ne suis pas revenue à l'aube, viens me chercher, d'accord ? ajouta-t-elle en plaisantant à moitié.

    -Bien sûr, » répondit Feuille Morte, l'air sombre.

    L'obscurité semblait encore plus épaisse que d'habitude et Feuille de Houx se retint à grande peine de tourner les talons et retourner près de la rivière. Les gémissements du renardeau se répercutaient sur les murs du tunnel, ce qui déroutait ses sens et la désorientait. Elle s'arrêta lorsqu'elle sentit un courant d'air froid souffler sur un côté de sa tête. Il y avait une ouverture qui menait à un autre tunnel, ici ; le renardeau était-il passé par là ? Elle resta là un moment pour écouter et entendit un petit bruit de raclement, comme si des coussinets souples battaient la pierre. Si le renard était vraiment parti par là, il devait être vraiment coincé. En effet, ce tunnel en particulier se rétrécissait de plus en plus jusqu'à aboutir à un grand mur de roche. Si Feuille de Houx suivait le renardeau, elle pouvait se retrouver piégée.

    Feuille de Houx prit une grande inspiration et s'engagea dans le tunnel. Presque aussitôt, le renardeau poussa un cri, comme s'il l'entendait approcher. « Tout va bien, je ne vais rien te faire ! » miaula la femelle noire dans l'obscurité. Elle entendait un bruit de grattement, une odeur de renard apeuré lui parvint. Feuille de Houx se rappela que c'était juste un jeune, perdu et effrayé, elle ne courait donc aucun danger. Elle s'avança plus près. « Chut, n'aie pas peur, » murmura-t-elle.

    Le grattement cessa. Feuille de Houx devina que le renard s'était pressé contre le mur de roche, n'ayant nulle part où aller. Il laissa échapper un faible gémissement. « Pauvre petite bout, » miaula-t-elle, comme si elle réconfortait un chaton. « Tu t'es perdu ? »

    Elle s'avança encore d'un pas et son museau percuta une douce fourrure odorante. En se retenant de vomir, Feuille de Houx lui donna un coup de langue. Le renard se raidit, rigide comme un roc, puis se détendit alors qu'elle continuait de le lécher. Se sentant plus confiante, Feuille de Houx se rapprocha de l'endroit où elle pensait que la tête du renardeau était. Sa truffe toucha le bord d'une oreille douce comme une plume. « Tout va bien, tu es en sécurité à présent, » murmura-t-elle entre deux coups de langue.

    La tête du renard tomba contre le poitrail de la chatte noire. Elle sentit le faible chatouillement de ses moustaches alors qu'il posait son museau sur ses pattes avant. Feuille de Houx se tortilla jusqu'à s'enrouler autour du corps du renardeau autant qu'elle le pouvait. Elle sentait sa respiration ralentir et se stabiliser. Elle s'arrêta de le lécher et reposa sa tête sur le cou du renard. « Dors, mon petit, » murmura-t-elle. Feuille de Houx se pressa contre sa fourrure froide, espérant que sa propre chaleur le réchaufferait. Une pensée lui traversa l'esprit. Aucun de ses anciens camarades de Clan ne croirait jamais qu'elle a dormi à côté d'un renard. Mais elle n'était plus dans le Clan, et ce petit avait besoin d'elle, comme un chaton a besoin de sa mère. Feuille de Houx bougea la tête pour se mettre dans une position plus confortable et ferma les yeux.

    Elle fut réveillée par quelque chose qui pinçait sa patte avant. Était-ce Feuille Morte qui attirait son attention en la mordant ? Feuille de Houx ouvrit les yeux sur une faible lumière grise. Une forme était penchée au-dessus d'elle, menaçante et quand elle regarda sa patte, elle vit de minuscules dents blanches s'enfoncer dans sa fourrure. « Oh ! » cria-t-elle en se débattant.

    Le renardeau pencha la tête sur le côté et la regarda. « Yip ! »

    Feuille de Houx recula. Le renardeau était plus grand que dans ses souvenirs, deux fois plus large qu'elle, et ses dents étaient petites mais tranchantes. « D'accooord, » miaula-t-elle, reculant d'un pas jusqu'à ce qu'elle soit hors d'atteinte. « Allons te sortir de ces tunnels. »

    Le renardeau bondit sur ses pattes, prenant ainsi toute la place. Feuille de Houx se calma. Aucun signe ne déterminait que le petit la prenait pour une proie ; en fait, c'était plutôt comme s'il voulait jouer. Il poussa un aboiement aigu et bondit sur ses pattes avant. Feuille de Houx se tourna et regarda par-dessus son épaule. Avoir le renard derrière elle était contre tous ses instincts car, maintenant, elle se sentait comme si elle était pourchassée. Pas pourchassée, suivie, pensa-t-elle fermement. « Suis-moi ! » miaula-t-elle.

    Elle s'avança de quelques pas. Le renard courut derrière elle, puis s'arrêta et gémit. Feuille de Houx regarda la tunnel devant elle. Il s'évanouissait dans la pénombre, ce qui contrastait avec la pâle lumière qui illuminait l'endroit. « Tout va bien, dit-elle au renardeau. C'est la sortie, je te le promets. » Elle s'enfonça dans l'obscurité, mais le renard ne bougea pas d'un poil. Elle entendit un cognement et s'aperçut qu'il s'était assis. La femelle noire poussa un soupir et retourna près de lui. « Debout, » le pressa-t-elle en poussant le flanc du renardeau avec son museau. « Tu ne peux pas rester ici ! »

    Elle poussa ses hanches à l'aide de sa patte et le renard bondit en poussant un cri. Feuille de Houx lui donna un autre coup de truffe. « Allez, je serai juste devant toi. » Le petit s'avança prudemment, flanquée de Feuille de Houx, pressée contre son flanc. « C'est bien ! » miaula-t-elle.

    Doucement, ils avancèrent pas à pas le long du tunnel. Le renard s'arrêta net lorsqu'ils atteignirent la jonction du tunnel qui menait aux bois, mais Feuille de Houx le poussa et l'encouragea jusqu'au coin, jusqu'à ce qu'ils puissent sentir la brise extérieure sur leur visage. Le renardeau laissa échapper un cri de joie et se mit à courir. Trop confiant, il s'écrasa contre le mur opposé et s'assit en gémissant. Feuille de Houx le rejoignit et lécha le museau du canidé. Elle ne sentit aucune odeur de sang, il n'était donc pas sérieusement blessé. « Espèce d'idiot, » le gronda-t-elle. « Reste derrière moi jusqu'à ce que tu puisses y voir quelque chose, d'accord ? »

    Elle savait que le renard ne pouvait pas comprendre ce qu'elle disait, mais il ralentit le pas alors qu'ils longeaient la courbe du tunnel. De la lumière grise leur parvint, douloureusement brillante, comme avant. Le renard cligna des yeux et gémit en se frottant les yeux avec sa patte avant.

    « C'est parce que tu es resté dans le noir pendant un moment, expliqua Feuille de Houx. Continue d'avancer; tu y es presque ! »

    Elle s'avança et donna un coup de langue sur l'oreille du renardeau et soudain, une image de Poil d'Écureuil accomplissant le même geste avec elle surgit dans son esprit. Elle était tombée dans une flaque et sa mère l'avait ramenée à la pouponnière pour la sécher. Sa mère. Tout à coup, Poil d'Écureuil lui manquait terriblement.

    Le renard bondit et se mit à trotter. Il accélérait au fur et à mesure que ses yeux s'habituaient à la lumière. Feuille de Houx resta en arrière, résistant à l'envie de se presser contre sa fourrure chaude. Le renardeau n'appartenait pas à ce monde souterrain. Il devait retourner auprès de sa mère, dans sa tanière, dans les bois. Soudain, le petit s'arrêta, juste à l'entrée. Il se retourna vers Feuille de Houx et poussa un aboiement interrogatif.

    Feuille de Houx secoua la tête. « Je ne peux pas venir avec toi, mon petit, miaula-t-elle. C'est ici mon foyer. » Les mots restèrent bloqués dans sa gorge comme un morceau de gibier.

    Elle entendit un cri puissant venir d'au-delà de l'entrée du tunnel. La tête du renardeau s'agitait, les oreilles pointées vers l'avant. Il se mit à glapir, et un autre aboiement, confiant et joyeux lui répondit. « C'est ta mère, n'est-ce pas ? » murmura Feuille de Houx.

    Le renardeau bondit en avant et s'évanouit dans le cercle blanc de lumière. Feuille de Houx se glissa le long du tunnel jusqu'à ce qu'elle puisse voir les arbres à l'extérieur. Le tunnel s'ouvrait sur un bois qui ressemblait beaucoup à celui du Clan du Tonnerre, un mélange d'arbres et de broussailles denses. La lumière s'écrasa dans les yeux de Feuille de Houx qui étrécit ses pupilles autant qu'elle le pouvait. Dans ses oreilles résonnait le bruit des feuilles dans le vent, le chant des oiseaux, et un concert de bruits de pattes qui signalait que le renardeau et sa mère se rejoignaient. Clignant des yeux, Feuille de Houx les regarda alors qu'ils se heurtaient dans un mélange de fourrure rousse. Le renardeau laissa s'échapper une volée de glapissements excités alors que sa mère l'entourait, reniflant chaque partie de sa fourrure.

    « Tu es en sécurité à présent, murmura Feuille de Houx, tentant d'ignorer le chagrin qui lui montait dans la gorge. « Tu es de retour parmi les tiens. » La vue du renardeau pétrissant le ventre de sa mère pour avoir du lait se mélangea avec des images d'elle se tortillant avec ses frères dans la pouponnière, baignée d'odeurs réconfortantes. 

    J'étais heureuse avant d'apprendre la vérité, pensa-t-elle. Tout ça c'est terminé, maintenant. 

     

    Traduction approximative de Hollyleaf's Story effectuée par Didychu - Toute reproduction interdite.


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  • (Traduction) Chapitre 4 de Hollyleaf's Story

     

    « Réveille-toi ! C'est l'heure de la patrouille du matin ! »

    Feuille de Houx roula sur le côté et se passa une patte sur les yeux. Feuille Morte la fixait du regard, sa queue repliée sur son dos.

    « Debout, espèce de limace ! » la taquina-t-il.

    Feuille de Houx se redressa. Elle avait rêvé qu'elle était de retour au sein du Clan du Tonnerre et qu'elle chassait un écureuil qui devenait de plus en plus petit au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. Alors qu'elle était sur le point de l'attraper, l'écureuil s'était tout bonnement volatilisé. 

    Elle regarda derrière Feuille Morte pour apercevoir la pâle lumière jaune qui éclairait le tunnel. L'angle entre le faisceau de lumière et le plafond était plus étroit aujourd'hui, ce qui signifie que le soleil est bas dans le ciel. Feuille de Houx inclina la tête sur le côté. Depuis combien de lunes était-elle là ? Trois ou quatre, tout au plus. La saison des feuilles mortes devait à présent donner une teinte dorée et rouge aux arbres. Feuille de Houx se demanda si il ferait plus froid dans les tunnels. Elle poussa son nid à l'aide de sa patte. Elle allait avoir besoin de plus de plumes.

    Feuille Morte s'éloignait d'elle clopin-clopant. « Je prendrai le tunnel de la lande aujourd'hui, miaula-t-il par-dessus son épaule. Tu peux vérifier le tunnel qui mène vers les bois. »

    Il donnait des noms aux deux tunnels principaux qui ne menaient pas vers le territoire du Clan du Tonnerre. Ils ne s'étaient jamais rendus dans ces tunnels; sans qu'il ne le lui dise clairement, Feuille de Houx savait que Feuille Morte essayait de la garder éloignée de son ancien foyer. Elle avait choisi de rester avec lui, c'est ce qu'elle voulait, non ? Quand elle lui avait raconté sa vie au sein des Clans et lui avait parlé des frontières, des patrouilles, des baptêmes d'apprentis et de guerriers, il avait suggéré de faire la même chose ici. Maintenant, chaque jour commençait avec une patrouille près des tunnels de sortie, suivie d'une partie de pêche dans la rivière souterraine. Feuille de Houx avait appris à accrocher les poissons avec sa patte presque aussi aisément que Feuille Morte, et s'était habituée à leur goût fort et aqueux. Elle pouvait courir dans l'obscurité sans problème maintenant, en détectant la plus faible des brises grâce à ses moustaches et en repérant le plus faible clapotis de l'eau de la rivière pour se localiser. Quand elle patrouillait près d'un tunnel de sortie, elle faisait attention à ce que la lumière n'atteigne que son museau, comme si elle lui brûlait les pattes. Elle appartenait au monde des ombres, maintenant. Elle se cachait de la lumière du jour et du vent dans les arbres.

    Feuille de Houx frissonna. Elle avait un abri, de la nourriture, et de la compagnie. N'était-ce pas plus que ce qu'elle méritait, après ce qu'elle avait fait ? Feuille Morte était beaucoup moins exigeant que ses anciens camarades de Clan; il la laissait manger tout le poisson qu'ils attrapaient ensemble et la laissait seule lorsqu'elle en avait assez de sa compagnie. En fait, il la laissait souvent seule, surtout la nuit. Feuille de Houx se demandait où il dormait; elle pensait qu'elle avait exploré tous les tunnels à présent, mais elle n'avait jamais repéré des signes d'un autre nid.

    « Viens ! » La voix de Feuille Morte faisait écho dans le tunnel. Feuille de Houx se mit à courir. Elle le rattrapa près de la rivière et il se tinrent côte à côte, leur regard dirigé vers l'eau. Elle coulait plus rapidement aujourd'hui, de petites vagues percutaient la pierre.

    « Il a plu la nuit dernière, expliqua Feuille Morte.

    Feuille de Houx se sentit alarmée. 

    -Est-ce que la rivière va inonder la caverne ?

    Feuille Morte secoua la tête.

    -Pas encore. » Il se dirigea vers un coin et revint en poussant un large rocher plat avec son museau. Il le poussa au bord de la ligne humide laissée par les éclaboussures. « Nous utiliserons ce rocher comme marqueur pour voir si la rivière augmente de volume. »

    Feuille de Houx effleura la pierre avec sa patte. Elle était douce, comme un œuf. « Bonne idée, » commenta-t-elle.

    « C'est ce que les Griffes Acérées m'ont dit de faire, miaula Feuille Morte. Avant que je ne descende ici pour mon initiation. »

    Feuille de Houx le regarda d'un œil vif. Feuille Morte avait déjà mentionné qu'il s'était perdu dans les tunnels alors qu'il s'entraînait pour devenir une Griffe Acérée, ce qui semblait être l'équivalent d'un guerrier pour les Clans. Il ne lui aurait rien dit d'autre à propos de son Clan ou de sa Tribu, ou peu importe comment s'était appelée sa famille.

    « Si tu y retournes maintenant, miaula-t-elle gentiment, tu serais la meilleure des Griffes Acérées ayant existé. Tu t'es peut être perdu une fois, mais tu connais ces tunnels mieux que quiconque ! Si trouver ton chemin à travers les tunnels est supposé t'apprendre à être fort, brave et indépendant, tu possèdes toutes ces qualités ! Tu serais un héros ! »

    Feuille Morte la dévisagea comme si elle avait perdu l'esprit. « Y retourner ? siffla-t-il. Je ne peux pas y retourner ! Tu ne comprends pas ? Il est trop tard ! » Secoué par des spasmes de détresse, il fit volte-face et courut vers le tunnel qui menait au territoire du Clan du Vent, celui qu'ils avaient appelé le tunnel de la lande.

    « Attends ! » l'appela Feuille de Houx qui lui courait après. Mais elle se stoppa lorsqu'elle atteignit le bord de la cave contenant la rivière souterraine. Tout ce qu'elle avait étaient des questions pour Feuille Morte, et elle ne voulait pas le rendre encore plus en colère. Une pensée lui traversa l'esprit, peut-être qu'elle n'était pas la seule à fuir un terrible secret. Elle n'avait jamais révélé à Feuille Morte ce qu'il était arrivé à Pelage de Granit; peut-être qu'elle avait plus de choses en commun avec son nouveau compagnon qu'elle ne le pensait.

    Elle rebroussa chemin le long de la caverne. L'entrée du tunnel qui menait aux bois était de l'autre côté de la rivière et, aujourd'hui, il lui a fallu faire un plus grand saut pour l'atteindre. Feuille de Houx poussa un cri lorsque ses pattes arrière se retrouvèrent dans l'eau et couvraient sa fourrure de gouttelettes glacées. Alors qu'elle entrait dans le tunnel, elle entreprit de courir pour se réchauffer. Les murs gris émergeaient de l'obscurité alors qu'elle s'approchait de l'entrée. Le vent soufflait directement dans le tunnel, apportant à Feuille de Houx des odeurs de feuilles séchées et d'herbe fragile. Elle s'approcha plus près jusqu'à ce que la lumière touche ses pattes. Elle en leva une et regarda ses coussinets avec surprise. Des lunes de course sur la pierre les avaient rendus pâles et épais. Soudain, Feuille de Houx sentit de l'herbe douce et verte sous ses pattes et vit le ciel, vaste et plein de lumière, au-dessus d'elle. Elle se sentait attirée par la bouche du tunnel, comme si elle n'était qu'une brindille voguant sur la rivière. Je suis dehors !

     La lumière devint plus forte et Feuille de Houx dut plisser les yeux. Ce n'était pas le soleil - la lumière était froide et grise - mais c'était plus brillant que tout ce qu'elle avait pu voir depuis un long moment. L'entrée du tunnel était un cercle blanc éblouissant, trop douloureux pour le regarder directement. Soudain, elle entendit un craquement résonner au-delà de la lumière. Un bruit de branche qui craquait sous de lourdes pattes. Puis une volée d'aboiements, mélangée à d'aigus glapissements. Feuille de Houx grimaça alors que le bruit lui tonnait dans les oreilles ; elle était habituée au silence des tunnels. Elle recula contre le mur, trop effrayée pour savoir par où s'enfuir. Une explosion de bruits de pas résonnait à l'entrée et une énorme forme sombre surgit à travers la lumière. Au même moment, une puanteur assaillit la truffe de Feuille de Houx. Un renard !

    La peur l'empêchait de bouger. L'intrus lui fonça dedans, bondit jusqu'au mur opposé, puis se retourna et entrepris quelques pas vers le chemin de la sortie, ne prêtant aucune attention à Feuille de Houx recroquevillée dans un coin. La tête d'un autre animal pointa à travers le cercle lumineux à l'embouchure du tunnel. Une longue langue rose pendait de ses mâchoires dégoulinantes et d'énormes oreilles s'abaissèrent de chaque côté de ses yeux jaunes. Le renard laissa échapper un cri et recula, écrasant Feuille de Houx contre le mur du tunnel. Elle retint sa respiration, confuse de terreur. Le chien à l'entrée grogna et s'avança d'un pas vers eux. Il bloquait la lumière de sorte que l'on ne distinguait plus son pelage et tout ce que Feuille de Houx pouvait voir était le faible contour de ses épaules massives. Le renard se recroquevilla, remplissant la truffe de Feuille de Houx d'une douce et épaisse fourrure. Elle entreprit d'éternuer mais ne prit pas le risque d'être découverte.

    Un cri retentit de l'extérieur - une voix grave de Bipède, qui résonnait avec colère - et les oreilles du chien s'agitèrent. Feuille de Houx plissa les yeux et vit le Bipède attraper le collier du chien de sa grosse patte rose. Le chien gémit alors que son maître le traînait dehors. Le renard, relaxé, donnait à présent à Feuille de Houx assez d'espace pour lui permettre de se glisser sur le côté. C'était seulement un renardeau, pas plus grand qu'elle. Sa fourrure sentait le lait et la terre de sa tanière.

    Soudain, Feuille de Houx entendit un murmure féroce. « Que se passe-t-il ? Tout va bien ? » Feuille Morte se tenait juste à la courbure du tunnel. Elle courut vers lui, ses yeux brillants comme deux lunes.

    « Attention ! » feula Feuille de Houx. « Il y a un renard derrière moi ! Cours ! »

    Traduction approximative de Hollyleaf's Story effectuée par Ðidychu - Toute reproduction interdite.


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  • Titre français : inconnu (traduction : La vie d'Étoile de l'Ombre)

    Titre original : Shadowstar's Life

    Auteur : Clarissa Hutton

    Sortie française : inconnue

    Sortie anglaise : 9 avril 2019

    Résumé :

    Une brave guerrière qui fut le premier chef à perdre ses neuf vies.

    Shadowstar's Life


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  • Titre français : inconnu (traduction : Le clan de Pelage d'Or)

    Titre original : Tawnypelt's Clan

    Auteur : Clarissa Hutton

    Sortie française : inconnue

    Sortie anglaise : 9 avril 2019

    Résumé :

    Une lieutenante du Clan de l'Ombre qui a pris la difficile décision de démissionner pour le bien de son Clan.

    Tawnypelt's Clan


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